06 37 05 95 72 35 rue Poincaré 68700 Cernay david@espace-cassandre.fr

Une très bonne amie

Une très bonne amie

C’est l’histoire de Suzanne. Elle est chez en ce moment, dans son fauteuil, malade, regardant la pluie tomber de manière incessante, tous est  gris dehors, triste, froid…Suzanne à 67 ans aujourd’hui et fête cet anniversaire seule… enfin presque…

Suzanne ne sait plus marcher, elle a de grosses douleurs aux articulations, ne se lève plus non plus suite à de gros vertiges…. Elle vit donc ainsi assise dans son fauteuil face à la fenêtre…seule. Pas vraiment seule, non, elle a une amie, une très bonne amie qui ne la quitte pratiquement jamais depuis l’âge de 5 ans.

Suzanne a rencontré son amie suite à un accident de voiture. Elle était avec ses parents et son frère ainé de 10 ans de plus. La voiture a percuté un arbre suite une inattention de son père. Celui-ci est décédé, sa mère eu de graves séquelles au niveau de la nuque. Son frère et elle s’en sortirent avec quelques égratignures.

Depuis cet accident, sa maman n’était plus la même, d’une maman compatissante et emphatique et elle était devenue petit à petit distante avec ses enfants. Elle souffrait beaucoup de la perte de son mari, comme si elle s’en voulait et sombrait peu à peu dans la dépression. La pauvre, elle était perdue, triste et sans aucun soutien psychologie qu’elle finira par oublier ses enfants.

Suzanne n’ayant plus d’amour ni d’affection de sa maman se réfugia chez son frère. Mais celui-ci, depuis cet accident ne disait plus un mot, vivait en autarcie seul dans sa chambre noyé dans ses musiques et son ordinateur. Il n’accordait que peu d’importance à Suzanne. Il souffrait lui aussi énormément de la perte de son père. A ses 18 ans pile, il quitta la maison sans un mot et jamais Suzanne ne le reverrait.

C’est à cette période que Suzanne rencontra son amie. Elle ne la quitterait presque jamais. Suzanne a confiance en son amie, une confiance aveugle, sans faille. Elle était toujours à son écoute et appliquait ses conseils à  la lettre.

Au début de leur relation son amie ne lui chuchotait que de petites choses. Ne bois pas ceci, ne mange pas cela, ne va pas à cet endroit, ne fais pas cette activité, évite telle personne, tu n’as pas besoin de copines, de copain, je suis la…. On est mieux seules à deux…..

Puis au fur et à mesure que grandissait Suzanne elle faisait moins attention à cette amie. C’était juste parfois pour se confier, pour pleurer, pour exprimer ses peurs…..  Alors Son amie lui venait en aide et lui donnait de précieux conseils.

La relation avec sa maman ne se s’était jamais améliorée. Elle avait beaucoup de respect pour elle mais comme sa maman ne la prenait plus dans ses bras, ne lui parlait pratiquement plus ou juste les phrases passe partout, Ça va l’école ? tu as des copines ? Un petit ami ?  Puis plus rien…. Il n’y a que lorsque Suzanne était malade que sa mère restait à son chevet, lui parlait doucement en lui caressant les cheveux. Son amie alors l’aidait à développer une ou l’autre pathologie pour attirer l’attention de sa maman….. et cela fonctionnait très bien.

Durant ses études, son amie était relativement efficace. Lorsqu’un examen se profilait, Suzanne avait tellement d’anxiété qu’elle l’aidait à tomber malade le jour j, évitant l’épreuve. Si un jour un cours ne lui plaisait pas, un bon mal de ventre lui permettait de rester à la maison. De même, Suzanne rencontra plusieurs garçons de son âge, ces fréquentations éphémères entrainaient pleurs et déceptions, c’est dans les bras de son amie qu’elle trouvait le réconfort. Pour mettre fin à une relation qu’elle ne désirait pas, son amie débordait d’ingéniosité, par exemple l’aidait à avoir de gros boutons sur le nez, très moche et suppurant, faisant ainsi fuir les prétendants !

Suzanne n’ira pas loin dans ses études et décrocha difficilement le CAP de cuisine.

Elle quitta la maison et sa mère, qu’elle ne revit jamais à 18 ans également. Elle s’installa dans un petit appartement et elle avait un petit boulot tranquille dans un restaurant. Elle vivait seule, enfin avec son amie et les jours passèrent. Suzanne n’aimait pas trop cet emploi. Lorsque le matin elle avait la boule au ventre, son amie  l’aidait en provoquant des crises abdominales entrainant parfois des arrêts relativement longs.

Elle finit par être licencié et se retrouva seule dans son appartement de 2 pièces avec son amie comme seule copine.

Professionnellement elle répéta ce genre de situation régulièrement. Elle cumula les petits emplois mais comme à chaque fois, quand elle commença à se sentir mal au poste, elle développa des pathologies poussant ses employeurs à ne pas la garder.

Suzanne n’était pas non plus très sportive. L’idée d’être fatigué, d’être en sueur ou voir de rencontrer du monde la bloquait dans chaque initiative. Son amie la conseillait toujours et le fait parfois de penser à pratiquer une activité sportive provoquait de grosses migraines.

Puis elle rencontra Eric. Un garçon charmant, sportif, très dynamique et toujours positif. Il fut d’un grand secours à Suzanne, il l’écoutait d’une écoute empathique et lui donnait des conseils positifs à chaque situation. Pour la première fois, elle écoutait plus facilement Eric que son amie, d’ailleurs celle-ci s’effaçait doucement au point de ne faire que de brèves apparitions. Eric aidait Suzanne a dépasser la maladie, la surmonter et gagner confiance en elle. Elle vécue de très bons moments avec Eric. Ils passèrent de longues soirées à échanger sur leur passé, leur histoire et rigolaient de leur mésaventures ! Suzanne avait oublié son amie.

Les années passèrent, et il y eu très peu de situation ou Suzanne avait eu besoin de recourir aux conseils de son amie. Elle se sentait bien, ne travaillait pas mais s’occupait en entretenait correctement la maison qu’elle partageait avec Eric.

Puis lors d’une soirée, Eric lui soumettait son envie de créer une famille. Elle fut à la fois heureuse et anxieuse à l’idée de devenir une mère de famille. C’était son vœux le plus cher mais elle avait toujours eu peur de ressembler à sa mère, froide et distante, n’apportant aucune affection ni amour à ses enfants.

Son amie revint à cette période… la conseiller.

Ils tentèrent à plusieurs reprises d’avoir un enfant. Son amie devant la peur de Suzanne de devenir mère l’aidait à éviter absolument d’être enceinte. Suzanne a eu dans un premier temps de nombreuses fausses couches. Puis, des complications au niveau de l’utérus lui faisait atrocement mal et évitait tout rapport sexuel durant cette période. Plusieurs mois passèrent, Eric passait beaucoup de temps à réconforter Suzanne, à l’aider à surmonter ses peurs qu’ils finissent par y arriver. CE matin là, ce fut dans un cri de joie que Suzanne annonçait à Eric qu’elle était enceinte. Il hurla de joie, elle regardait bouger dans tous les sens, faire un tas de projet, acheter une maison, travailler plus pour payer ses études, bref une euphorie qui faisait peur, très peur à Suzanne.

Elle ne se sentait pas capable de d’assumer tout cela et son amie lui vint en aide. La grossesse connut des complications très graves dans les premières semaines que les médecins lui ont convaincu de la stopper au risque de mettre sa propre vie en danger.

Elle prit alors la décision d’avorter afin d’éviter les complications. Eric fut bouleversé, il avait tant fait de projets, malgré cela il la soutenait jusqu’au bout. L’opération ne se déroula pas correctement et des complications se sont ajoutées dans les malheurs de ce couple. Le médecin les invita à prendre connaissance des résultats d’analyse et leur annonça tristement qu’ils leur seraient impossible d’avoir un autre enfant. Suzanne sombra à peu dans la dépression et se réfugiait dans les bras de son amie. Eric, fatigué de porter Suzanne à bout de bras, finira par la quitter avec regrets.

Ce fut une double peine pour Suzanne. Elle ne connut jamais d’autre homme. A chaque sourire échangé dans la rue, ou de discussion entamée dans la file d’attente devant une caisse, elle avait mal au ventre au point de se sentir très mal. Son amie veillait sur elle afin qu’elle ne revive pas la même chose. Elle resta ainsi seul…. Avec son amie comme seule compagnie.

Suzanne ne connut ensuite que des séjours à l’hôpital, on s’occupait bien d’elle, les infirmières la connaissait bien et la chouchoutait tout le temps. Son amie veillait sur elle, dès qu’elle sombrait dans la mélancolie elle se chargeait de faire en sorte qu’elle soit hospitalisée. Elle passa au moins une fois par semaine chez son médecin, à la longue il comprit les besoins de Suzanne mais devant le temps qu’il lui était imparti il ne pouvait vraiment lui donner toute l’attention dont elle avait besoin. Il lui a conseillé maintes fois de voir un thérapeute pour en parler mais à chaque fois que Suzanne prenait un rendez-vous, la veille elle tombait malade et ne pouvait se déplacer. Son amie veillait sur elle…

Suzanne n’avait pas d’amis, non qu’elle ne désire pas en avoir mais les discussions tournaient toujours autour d’elle, des tracas, des bobos, d’Eric…. Ils finissent par se délaisser et ont cessé de la côtoyer. Elle resta ainsi seule durant des années….avec son amie.

Elle finissait par ne plus sortir, faisait ses courses par téléphone et le livreur avait la clef pour ranger les marchandises dans le cellier. D’ailleurs, il fut le seul à la côtoyer durant un bon moment, seul lien avec l’extérieur à part les séjours en hôpital.

La peur l’avait envahie, peur de sortir, peur de tomber malade, peur de se balader, de rencontrer des gens, elle écoutait les conseils de son amie qui lui disait de rester à la maison, de ne voir personne…

La plus part des personnes qui ont connus Suzanne l’ont pratiquement oublié. N’ayant plus de nouvelle de sa part, ne sachant pas où elle habitait et aussi la peur de n’entendre que des plaintes ont contribué à effacer de leur mémoire son existence.

A présent elle est assise devant sa fenêtre sur son gros fauteuil. La pluie tombe toujours. Suzanne regarde et ce dit que c’est triste quand il pleut, c’est gris, c’est froid, c’est austère…

Son amie est toujours la, à ses coté, murmurant des choses à faire, ne pas faire…. Et puis Suzanne cria “STOP !!!!!”. Les voix s’arrêtèrent brusquement… un silence dans sa tête indéfinissable prenait place. “Mais POURQUOI ?….. Pourquoi as-tu cherché durant toutes ses années à  me faire souffrir, à détruire ma vie ? Pourquoi ? Pourquoi ?”. Elle se mit à pleurer. Un grand silence s’installa puis la petite voix, d’une voix enfantine, très douce, presque empathique lui dit :” Tu sais…. En fait, je n’existe pas. Je suis ta pure invention… je ne t’ai jamais donné mon prénom… je m’appelle ‘Maladie'”

Suzanne était surprise et sa voix fut coupée. Elle ouvrit grand les yeux et restait attentive à la suite…

“Je fus pour toi un refuge, des excuses, des échappatoires que tu as créé volontairement. Tu m’as donné existence mais si je n’existe c’est que parce que tu m’as créé. J’aurais pu être positive, oui c’est vrai, mais tu m’as créé négative, pessimiste. Mon rôle fut simplement de te protéger de tes peurs, de tes angoisses….”

“Mon dieu !… mais qu’ais je fais dit Suzanne tristement….”

“Ne pleure pas mon amie, ne soit pas triste sur ton passé…. Ce qui est important c’est de comprendre que tout démarre de soi. Si tu penses noir, alors tout est noir, si tu vois de la couleur alors tout est beau autour de toi. Modifie ton regard sur le monde…et je disparaitrais”

Suzanne compris à cet instant que toute sa vie, tous les événements vécus ont été entretenus par sa seule volonté. Elle attendait toujours des autres de l’attention, de l’amour, de la compassion. Elle avait besoin de l’aide de son amie Maladie pour obtenir tout ceci.

Inutile à cet instant de se reprocher quelque chose, les regrets ne changeront rien, alors elle se pardonna de n’avoir vu que du noir autour d’elle, d’avoir donné tant d’importance à Maladie. De chaudes larmes coulèrent sur ses joues, elle regardait toujours la pluie mais celle-ci n’était plus grise, elle était belle et scintillaient de mille couleurs ! Les rayons du soleil éclairaient les fines gouttes d’eau et venaient caresser les joues. “C’est beau !” dit-elle, un joli sourire se dessina sur son visage puis ferma les yeux. Elle s’est éteinte seule mais le cœur apaisé et heureuse d’avoir découvert même qu’un instant ce qu’est que le bonheur.

Et vous ? Qu’elle attitude avez-vous avec votre amie la Maladie ?

Je dédie cette histoire à toutes les personnes seules et parfois abandonnées que j’ai pu rencontrer en Ehpad. Toutes ces personnes pour qui la  maladie n’est qu’un prétexte pour avoir de la compassion, de l’attention, de l’amour des proches.

A vous.. je dirais n’attendez pas que vos proches soient malades pour éprouver de l’empathie et avoir envie d’être près d’eux. Faites-le avant ! Ne les laissez pas se réfugier dans cet état pour qu’ils se sentent exister ! Faites les exister sans cela. Donnez-leur de l’amour, de l’attention, de la compassion avant même qu’ils le demandent. Et croyez-moi, cette amie Maladie, elle ne trouvera pas refuge chez ces personnes pour le bien être de tous.

Atelier Ehpad, le lâcher prise

Dans cet atelier, J’avais proposé dans un premier temps de dessiner un arbre avec le fusain. Beaucoup s’exclamait ne sachant pas dessiner et surtout de ne plus être des enfants. J’ai proposé alors des exercices différents où il n’y avait pas besoin de savoir dessiner.

Atelier en Ehpad, le collage

Les ateliers avec du collage plaisent aussi beaucoup. Parfois elles passent un temps très long à feuilletés des magazines, surtout les GEO, et plongent dans les rêves et expériences. Certaines personnes reconnaissent des endroits où elles sont allées pour le travail ou simplement pour des vacances.

Atelier en Ehpad, les mandalas

Certaines activités passent mieux que d’autres. Il vrai que leur demander de dessiner entraine parfois un blocage. Il faut très vite trouver d’autres thématiques plus appropriées et qui correspondent mieux au public.

Les mandalas sont des outils formidables. Ils sont déjà dessinés et il suffit de poser les couleurs.

Mon expérience en milieu Ehpad 1

L’Art thérapie c’est un ensemble d’outils, une écoute et de l’empathie. J’ai pu découvrir au travers de mes interventions en Ehpad que quel que soit l’outil utilisé dans une séance individuelle ou en groupe, l’objectif à atteindre n’était pas absolument fondamental. Lors du déroulement de l’atelier, le mental des participants s’efface et laisse place aux émotions, à la libération des blocages. Les participants s’expriment, l’atelier devient un déclencheur.

Le petit garçon qui ne sourit pas

C’est l’histoire d’un petit garçon qui ne sourit jamais. Mathieu à 7 ans, il est en CE1. Il n’est plus avec les petits à présent et tous les enfants de sa classe ont à peu près le même âge. Il a de très bonnes notes et se distingue par ses bons résultats mais … Mathieu ne sourit jamais.

L’homme qui n’avait pas d’ami

C’est l’histoire de Georges, un homme ordinaire, simple qui va certainement mourir dans quelques jours. Georges est seul dans sa chambre d’hôpital, une chambre froide, blanche avec un minimum d’ameublement. Il attend sagement que la mort vienne le chercher. Georges est seul face à son destin car il n’a pas d’ami et pas de famille.

Préambule au blog

Ce petit article pour signaler que je ne suis pas écrivain, j’aime écrire et je publierais ici mes petits livres. Excusez moi si vous trouvez des fautes, je n’ai jamais été très bon en orthographe !

Si vous avez des remarques, des idées, des corrections… elles sont les bien venues, elles me permettrons d’améliorer mes histoires. Les textes sont protégés par le Copyright.

 

Le petit garçon et sa poupée

C’ést l’histoire d’un petit garçon, Paul, qui a une amie, une marionnette avec une tête en porcelaine. Cette marionnette était très fragile et apportait à l’enfant la douceur et tout l’amour dont il a besoin lorsqu’il était à ses côtés.